Rappels Historiques

I- CHRONOLOGIE HISTORIQUE:

D’où vient le nom de Bernay ? Diverses étymologies ont été données : du Gaulois, « bren Ac », demeure du chef ; de l’anglo-saxon « Barn », Grange.

M. Le baron de Bordigné a écrit que la langue celte aurait désigné par « Ber Nai » un beau gué.

Avec plus de sécurité le nom de Bernay peut se rapporter à une forme primitive « Brennacus » devenue « Bernacus » par métathèse. C’est l’origine de nombreux Bernay, Brené, Bernac, Brenat. « Brennacus » est dérivé du nom d’homme gaulois « Brennos », latinisé Brennus. Il ne serait pas impossible que la base de Bernay fut un Briniacus. Souvent en effet dans la majeure partie des pays de langue d’Oil la mouillure de N dans le groupe NI n’a pas lieu lorsque ce groupe est précédé de R ou de R+I ; formes anciennes de « Berneio » en 1080, de « Bernayo » en 1280.

A- TEMPS ANTIQUES

Quoi qu’il en soit, depuis les temps les plus reculés sans doute, des habitants se sont fixés sur les rives de la Vègre, la « Viger ou Viturgis » des Romains, à l’abord des gués les plus praticables où aboutissaient des chemins reliant deux contrées.

Le chemin principal reliant les « Cénomans », Manceaux, aux « Diablintes », habitants du nord-est de la Mayenne, traversait le Gué-Busson à Bernay, gagnait vers la Cône et Chazé et revenait vers Saint-Symphorien, en traversant le territoire aujourd’hui enclos dans le parc de Sourches, en un lieu « qu’on reconnaît encore à son creusement », écrivait le baron de Bordigné vers 1840, puis il gagnait la Charnie pour aboutir à Sainte-Suzanne comme aujourd’hui.

Il n’est pas douteux que la région boisée descendait autrefois jusque sur la rive droite de la Vègre ; la Champagne seule était cultivée.

Un chêne gigantesque, dernier témoin des anciennes forêts, existait encore près du Coudray vers 1840. Ce chêne était tellement extraordinaire que le géographe Jaillot l’a fait figurer sur sa carte du diocèse du Mans, éditée en 1706.

D’après le baron de Bordigné, qui a connu ce chêne, Cou Drai aurait pu signifier maison de druide. Il disait que ce chêne si vieux pouvait avoir vécu à l’époque des derniers « Blut-Tree » arbres du sang, et que le spectre d’une druidesse apparaissait, croyait-on encore de son temps, au Coudray.

Ce nom très fréquent dans le Maine est venu de « Corylétum », d’où en romain « Colretum » Coudray, lieu planté de coudriers. Les formes anciennes sont nombreuses : Corylétis en 1142, Coudretis en 1330, etc…

On a écrit aussi que ce nom s’applique fréquemment à des terres de bois défrichées autrefois pour être mises en culture, ce qui ne fait que confirmer tout ce qui précède.

Sur la rive gauche de la Vègre on aurait retrouvé des traces d’un atelier romain et des médailles de Constantin. L’historien Pesche dit que trois médailles du Bas-Empire furent trouvées à Bernay, lors de la construction d’un réservoir sur les bords de la Vègre, par H. Lecornué.

Les Romains, qui occupèrent la Gaule pendant près de 500 ans, construisirent de belles et grandes voies de communication, dont l’une, allant de leur « Subdunum » (Le Mans) à Neodunum (Jublains) capitale des Diablintes, passait bien près de Bernay, par le Novus Vicus (Neuvy) qui devint une agglomération importante, et Bernay se trouva dépendre administrativement de ce Vicus qui lui-même faisait partie de la condita de Brûlon, sorte de chef-lieu régional.

B- MOYEN AGE

Sous l’épiscopat de Gauziolème, évêque du Mans (762-770), nous retrouvons la même circonscription administrative. Neuvy est alors Viscus-Publicus, bourg public, et bien qu’il y ait déjà une chapelle ou oratoire à Bernay, c’est à Neuvy que les habitants doivent faire baptiser leurs enfants et se faire enterrer.

Cet usage des baptêmes et enterrements, à l’église du bourg public, dura plusieurs siècles, en certains lieux mêmes jusqu’au XIIIme, paraît-il, mais Bernay eût son cimetière dès le XIme.

Quatorze bourgs publics dépendaient du chapitre de la cathédrale du Mans en l’an 802. L’église du VIIIme siècle à Bernay était déjà dédiée à St Pierre et St Paul.

Au cours du IXe siècle des guerres, des pillages ruinèrent nos campagnes. St Aldric, évêque du Mans (832-856), reconstitua ou créa plus de 330 métairies, dont une à Bernay, qu’il dota des chevaux, bœufs, vaches, porcs, moutons, chèvres nécessaires.

Bernay faisait toujours partie de la vicairie de Neuvy dans la condita de Brûlon (Berniacus in condita Novicense in Bruslondense).

Les moulins de Bernay remontent à une époque reculée, ils ont sans doute toujours occupé l’emplacement actuel. Toutefois un très ancien barrage ou déversoir a existé à environ 500 mètres en amont. Sur les restes de cet ancien ouvrage a récemment été assis un massif béton pour retenir les eaux du bief.

Patrice de Sourches (1081-1090), ayant tué accidentellement le fils de Geoffroi de Brûlon, lui cède l’église et le cimetière de Bernay, les dîmes, terres, vignes, prés, moulins et droits féodaux sur iceux.

Geoffroi de Brûlon passe ce don aux moines de la Couture, qui ont fondé un prieuré à Bernay sous l’épiscopat de Gervais(1035-1055), et Patrice de Sourches leur concède le droit de prendre du bois en la Charnie pour, peut-être, construire leur prieuré et une nouvelle église, en remplacement de celle du VIIIme siècle. Mais quand le seigneur de Bernay (Patrice de Sourches) allait au monastère de la Couture, les moines devaient lui fournir le pain, le vin et l’avoine à son cheval.

Un souterrain existait allant du prieuré, actuellement propriété de la famille Georges, vers la Roche-Tabary.

Au début du XIIIme siècle, le diocèse était divisé en sept archiprêtres très étendus. Bernay, avec les paroisses voisines, faisait partie de celui du Passais, s’étendant principalement au pays des Diablintes, et du doyenné d’Evron. Mais, cette division ne répondant plus aux besoins de l’époque, l’évêque Maurice (1216-1231) incorpora Bernay à l’archiprêtré de Sablé.

On trouve à cette époque le nom de fiefs ou petites seigneuries, existant sur le territoire de Bernay, telles que : Bordigné, la Roche-Tabary, Quinsay, Chazé, Nourray. Toutes, ainsi que les seigneurs de Bernay, qui ont existé sous ce nom, relevaient de la seigneurie de Sourches.

Vers la fin du XVme siècle, il n’y eut sans doute plus que les seigneurs de Sourches à porter le titre de Seigneurs de Bernay.

Bernay, qui au moyen âge et même assez longtemps après la révolution, eut son marché hebdomadaire le lundi, fut un centre de transactions, d’affaires et aussi de juridiction.

En l’an 1299 un conflit s’élève entre Patrice de Sourches et le sacriste de la Couture, sur leurs droits respectifs à vendre leur vin dans le bourg, pendant les 40 jours du ban seigneurial avant l’Ascension. Ils transigèrent, Sourches vendit pendant les 26 premiers jours et le sacriste pendant les 14 derniers.

Les seigneurs de Sourches avaient le droit de haute, moyenne et basse justice, et leur tribunal était au bourg de Bernay, là où sont les anciennes Halles.

Le 2 décembre 1405 Jean III de Sourches rendait un aveu, pour ces droits, au Baron de Ste-Suzanne, comte d’Alençon.

Des fourches patibulaires, à trois piliers, étaient dressées sur le Tertre des Bourrelleries (de bourrel, bourreau), au sommet sans doute où pousse aujourd’hui le vieux chêne aux coucous, sur lequel, dit-on, le premier coucou se fait entendre chaque printemps.

Un habitant de Bernay, Guillaume Mahot, maçon, a relaté en 1462 avoir vu : « de son temps justice patibulaire à trois piliers, qui de présent est choiste, et vit un homme exécuté en icelle ».

Les seigneurs de Sourches percevaient aussi des droits sur les marchandises traversant Bernay, comme en témoigne une déclaration de Jean III Le Vayer en 1405, relatant leur existence, « sur denrées ou autres choses qui doivent coutume de pri ou acquit, qui sont menées conduites ou trespassées au long et au travers de la dicte ville de Bernay et du pont de la Roche-Coynon ».

S’il n’y a pas encore de pont sur la Vègre à Bernay, le vieux chemin, traversant le beau-gué, a repris son importance depuis longtemps sans doute, avec la disparition des belles voies romaines délaissées, non entretenues, et de tous les vestiges de la civilisation gallo-romaine, sous les invasions des barbares.

Y eut-il une maison des chevaliers du célèbre ordre des Templiers à Bernay ? Cela paraît certain d’après ce qui suit : « Le 29 novembre 1417, Jean Ferrand seigneur de Beauvergier et de Sourches et Jehenne de Vassé son épouse baillèrent à Jean Chevalier maréchal, demeurant à Bernay, deux mazerils et murailles où anciennement avait maisons, le tout en un tenant avec un jardin dépendant d’icelles murailles, sis au dit bourg de Bernay, nommez le Temple, joignant d’un cousté unes murailles qui sont des hospitalliez, et autres cousté la rivière de Vaigre ».

Cette maison de Templiers hospitaliers devait être entre la route actuelle et le gué Busson et dépendre de la commanderie sise à Saint-Julien : le Temple.

Vers 1440 fut construite à Bernay, par Jean II de Vassé, une maison importante pour loger Guillemine Epinard.

La tradition désigne la maison à Tourelle et escalier en vis appartenant à Mlle A. Hulot ; mais sur des titres de l’an XII cette maison est appelée le Prieuré, avec jardin et dépendances joignant le chemin de la Quinte et le chemin de Longnes.

Une autre belle construction de l’époque de la Renaissance, dont il ne reste que quelques vestiges, existait à l’angle de la Grande-Rue et de la rue du Bas-Busson.

C’est à Bernay, au siège de leur juridiction, que les seigneurs de Sourches recevaient les hommages de leurs vassaux, comme le fit en 1460 Guillaume du Bouchet pour les sieurs : Giroys de Neufvy, de la Rouauldière, et de Moiré.

Cette juridiction était exercée par un bailly, un procureur fiscal et un greffier. Le tribunal siégeait tous les samedis. Les appels allaient à la Flèche et pour les cas royaulx à Sainte-Suzanne.

C- TEMPS MODERNES

En 1532 le prieur de Bernay se nommait Martin de Broc, il l’était en même temps des Biard en Avoise.

De 1537 à 1544, Bernay vit sans doute passer d’importants cortèges. Mgr René du Bellay, évêque du Mans, avec sa suite, se rendait, à cheval, dans le Bas-Maine, où il fit plusieurs voyages.

C’est au 30 octobre 1552 que remonte la fondation d’un collège à Bernay par un prêtre nommé Matignon, dans l’emplacement même qu’occupent la maison d’école des garçons et la mairie actuelle.

A l’époque troublée des guerres de religion, Bernay eut-il à souffrir des gens d’armes ou bandes de pillards qui, pour ou contre la Ligue, infestaient les campagnes ? On s’armait sans doute contre eux, car en novembre 1587 M. de Bordigné cédait, moyennant deux escus, des arquebuses au procureur de la fabrique d’Amné, pour la défense des habitants de cette paroisse. Si les habitants de Bernay cédaient des armes aux autres, c’est qu’ils en étaient pourvus. Leurs voisins de Ruillé, vers 1585, avaient entouré de murs et fortifié leur église et le petit cimetière, et acheté de la poudre et du plomb.

En 1597 habitait à Bernay Françoise du Bouchet de Sourches, dame de Vaux.

Le 13 octobre 1601 eut lieu le baptême d’une cloche, par Etienne Babin, curé de Neuvy, parrain Honorat du Bouchet, seigneur de Sourches et de Bernay.

La paroisse de Bernay comportait, outre le prieuré, un curé et un vicaire ; ce dernier jouissait des revenus de la prestimonie, située en face du prieuré, près du collège.

C’est à un curé de Bernay que la tradition attribue la construction du pont sur la Vègre, qui remonte à une date antérieure à 1650. Il comprend trois arches au cintre surbaissé, dit en anse de panier, l’arche du milieu plus large que les deux autres.

Le chemin était sans doute bien mauvais des deux côtés du pont, car on avait construit pour les piétons, sur le bord sud de ce chemin, entre la rue du Bas-Busson et le pont, et depuis celui-ci jusqu’à la croix de Bordigné, une murette désignée sous le nom de « levée de maçonnerie ». Le nom de levée est resté à cette portion de route.

Les habitants de Bernay désignaient alors leurs rues sous les noms suivants : Grande-Rue, rue du Moulin, rue du Bas-Busson, rue Bourgeoise (route de Neuvy) pourtant peu construite.

Sans doute étaient-ils fiers de leur bourg déjà coquet. Est-ce de là que leur est venu le titre de : Glorieux de Bernay ?

De nombreuses transformations semblent avoir eu lieu dans le quartier compris entre le pont et le Gué Busson. Au XVIIIme siècle, ce qui est actuellement la propriété de Mme Dudan portait le nom de : Notre-Dame du Pont, et derrière de Haut-Eclair. Pourquoi N.-D. du Pont ? Y eut-il là une statue, un oratoire, une chapelle, vestiges peut-être des Templiers ? Un quartier de pierre tombale datant de 1233 représentant un chevalier sous son armure, vraisemblablement trouvé en ce lieu avec d’autres qui ont disparu, a servi dans la maçonnerie d’une maison voisine. Ne peut-on en conclure que les Templiers étaient inhumés dans leur cimetière particulier en cet endroit ?

Dans un mur de la maison de Mme Dudan, construite par M. Minier, percepteur à Bernay vers 1842, est encastrée une pierre portant une sorte d’écusson ovale, sur lequel on lit : « M. Payen 1571 ». C’est sans doute la date d’une précédente maison, édifiée en ce lieu.

Il y eut bien une famille Payen, notable dans Bernay, à cette époque, comme en témoignent les saisissantes mentions de sépultures que voici :

« Le vingt-troisième jour de janvier de l’an mil cinq cent quatre vingt un, Nicolas Payen rendit son esprit à Dieu sur les trois heures après midi, et fut apporté le corps en l’église et différé à enterrer le lendemain ».

Le vingt-quatrième jour de janvier Quels sombres évènements, peut-être, nous révèlent ces trois morts simultanées, dans la même famille ? C’est l’époque où des bandes de huguenots pillards parcourent  1581, Michel Payen père dud. Nicolas rendit son esprit à Dieu sur les sept heures du matin, et fut inhumé son corps

« par messire Estienne Babin en l’église dud. Bernay, et fut mis le corps dud. Nicolas en les bras de son père, tout en une mesme fousse, à une mesme heure. »

Et quatre jours plus tard, c’est Louise Launay femme de Michel, mère de Nicolas, qui est enterrée, par le curé Matignon, à côté de son mari et de son fils.

et ravagent notre région. Occupaient-ils Bernay ? La famille Payen a-t-elle été leur victime ? Pourquoi le curé de Neuvy, Estienne Babin, est-il venu faire l’inhumation du père et du fils ? Le curé Matignon de Bernay, et son vicaire, avaient-ils du fuir, ou se cacher pendant quelques jours, pour sauver leur existence ? Toutes suppositions possibles.

Dans la suite des temps il y eut probablement en ces lieux, sur le bord de la rivière, une tannerie ; des substructions, encore existantes dans le sous-sol, indiquent des cuves en solide maçonnerie. De l’autre côté de la rue du Bas-Busson fut une huilerie.

La Vègre a été une rivière réputée pour la qualité de ses poissons. L’historien Le Paige écrivait en 1777 « La rivière de la Vègre fournit d’excellents poissons, de la perche et du brochet ». Mais ses abords étaient toujours difficiles, et les chemins desservant le pont bien mal entretenus. Vers 1740, Louis II du Bouchet, venant sans doute de Paris visiter la construction de son château de Sourches, faillit rester embourbé peu après avoir franchi le pont.

En juillet 1760 les fourches patibulaires sont relevées sur le Tertre des Bourrelleries, et des poteaux, aux armes du marquisat de Sourches, sont plantés sur les paroisses en dépendant, dont Bernay.

En janvier 1771, le roi, ayant dissout le parlement, en avait exilé les membres en différents lieux déterminés. L’un d’eux, M. de la Coste, âgé de 21 ans, fut relégué à Bernay. Il y en avait aussi un à Conlie, un autre à Sillé.

Le 8 septembre 1784, Mgr de Gonssans donnait, dans la chapelle Saint-Nicolas de Sourches, la confirmation à 820 fidèles venus de diverses paroisses, et notamment de Bernay.

En l’an 1787, la première municipalité de Bernay, réunie en vertu de l’édit du 23 juin de cette même année, comprenait : Louis de Bouchet, marquis de Sourches et seigneur de Bernay, André Launay, curé de la paroisse, Pierre-François Le Cornué, sindic, les deux premiers membres de droit, le troisième désigné par l’autorité, et cinq membres élus par les habitants âgés de 25 ans, imposés pour trois journées au moins à 15 sols. Les électeurs étaient alors au nombre de 36 bien-tenants.

On comptait à Bernay 100 feux. En 1789 on en compte 94 et 400 communiants. Pour être éligible il fallait être imposé pour 10 journées, représentant 7 livres 10 sols. La population était de 470 habitants au-dessus de 7 ans. La cure de Bernay, à la présentation des moines de la Couture, était estimée à 800 livres de revenus.

Le 17 août 1788, les registres communaux constatent le désastreux état de toutes les récoltes, foins et céréales, dû à des pluies continuelles au cours du printemps et de l’été. Le chanvre, qu’on cultivait alors en petite quantité, était est-il dit, de qualité ordinaire, et il y avait très peu de fruits. On pourra en écrire autant de 1930.

D- EPOQUE CONTEMPORAINE

Les évènements se précipitent et se déroulent dans l’ordre suivant : 1er mars 1789, convocation des états généraux de la commune, devant la porte de l’église, lieu ordinaire des délibérations. Le Cornué, sindyc, et le curé Launay sont députés à la sénéchaussée et présidial de la Flèche.

Le 28 février 1790, ont lieu les déclarations exigées par le décret de l’assemblée nationale du 18 novembre 1789.

Des déclarations faites par le curé de Bernay il résulte que : « la cure possède la maison presbytérale, grange, étable, écurie, deux toits à porcs, cours, issues, deux jardins clos de murs, de un journal, le lieu des Isles comprenant une maison, grange, étable, écurie, cour, jardin, 29 journaux de terre, cinq hommées ¼ de prés, dont deux sans regain, valant année courante 400 livres ; à Tennie, Neuvy et Coulans, 3 journaux de terre affermés 35 livres. Il perçoit sur les moulins de Bernay, par an, 6 boisseaux de grains par tiers, froment, méteil, mouture, valant 30 livres ; en la paroisse, la moitié des grosses, menues et vertes dîmes, sur laquelle moitié, aux sieurs religieux de la Couture au Mans 30 boisseaux de grain, mesure de Conlie, en quatre lots : froment, méteil, mouture, avoine ; la dite moitié valant 1 500 livres ».

En plus, dîmes et rentes diverses, 165 livres. Mais cela n’allait pas sans diverses charges : entretien du presbytère, et pour ¼ du chœur chancel et clocher de l’église, soit 175 livres, un dîner au sénéchal et sergent du marquisat de Sourches : 6 livres, et diverses rentes ou obligations envers le chapelain de St. Nicolas de Sourches, la fabrique, le séminaire, le seigneur du fief, et pour recommandations, messes et offices divers, le tout montant à 140 livres 42 sols.

La fabrique possède 15 journaux de terre à Bernay, Tennie, Neuvy, et Amné, un bois taillis d’un arpent, deux hommées de la prée commune, et quatre vingt deux livres de rentes diverses, en tout 300 livres. Charges envers le curé, le vicaire, frais d’entretien et d’ornements : 219 livres, et 20 sols pour la visite du Doyen.

Déclaration par l’abbé Lemaire, vicaire, de la prestimonie du Fresne, composée d’une maison, grange construite à ses frais, jardin, trois journaux de terre, valeur 80 livres. Charges : frais d’entretien 15 livres, 12 messes 12 livres et à chacun des seigneurs de Sourches et de Bordigné 6 deniers de cens.

Le collège dépendant de la paroisse comprend : maison, étable, jardin, deux journaux ½ de terre, valeur 36 livres, charges 6 livres. Le prieuré, appartenant aux moines de la Couture, et ses dépendances, était alors affermé 3 000 livres ; ses charges étaient de 652 livres.

Le 14 juillet 1790, la Garde Nationale, créée pour assurer l’ordre public, ayant pour commandant Le Cornué, assiste à la Messe et prête serment à la municipalité. Salve de canon sur la place des Halles.

Le 10 octobre, ordonnance pour la clôture des fuyes et colombiers.

Le 14 novembre, gros incident : Brice Launay, frère du curé, grenadier de la garde au Mans, assistant à la messe, affiche des allures provocantes vis-à-vis de M. de Bordigné, colonel de la milice de Bernay, qui lui reproche sa tenue, d’où échange de rapports et délibérations entre le conseil de la garde au Mans et la municipalité de Bernay.

Autre incident : Le vicaire Jacques-Michel Lemaire, ayant refusé de prêter serment à la constitution, entre en lutte avec son curé assermenté. Malgré ce dernier il officie, administre les sacrements, fabrique des hosties pour donner la communion aux nombreux fidèles, qui ont pris parti pour lui. Le 20 février 1791 il est destitué, et remplacé par l’abbé Michel-Jean Richard, assermenté.

Le 27 mars, La municipalité ordonne des prières publiques pour remercier Dieu de la convalescence du « Roy, monarque si chéri » et on tire des salves d’artillerie.

Le 5 décembre 1791, élection d’une nouvelle municipalité comprenant : 6 officiers municipaux, dont le maire et le procureur, auxquels sont adjoints douze notables.

Il y a alors à Bernay 46 électeurs et 545 âmes. Pierre-François le Cornué, notaire, est élu maire.

La perception des impôts était donnée à l’adjudication au rabais. Le 8 avril 1792, Jacques Porcher l’obtient pour 6 deniers par Livre.

Le 19 septembre 1792, les habitants de Bernay demandent aux administrateurs du directoire départemental, une réduction d’impôts basée sur ce que « La paroisse de Bernay a considérablement perdu de valeur depuis l’ouverture de la grande route du Mans à Laval, parce que la même grande route du Bas-Maine passait par Bernay, pour aller du Mans à Ste-Suzanne, à Evron, Mayenne et Laval, ce qui en a intercepté et anéanti le commerce, principale richesse d’un lieu. La suppression de la ci-devant juridiction de Sourches, à Bernay, dont le ressort était de très grande étendue, et y avait donné lieu à l’établissement d’un marché et de plusieurs foires, qui faisaient une branche de communications et de richesses, ont encore beaucoup contribué au dépérissement de la paroisse ».

Il y avait alors deux foires : le lendemain des Rois et à l’octave de la Fête–Dieu, marché tous les lundis. Ces marchés existaient encore pour les menues denrées, vers 1855. Ils se tenaient devant et sous les halles et aussi sur la petite place, aujourd’hui jardin, près du gué Busson.

Depuis janvier 1791 la commune était partagée, conformément à la loi, en deux districts séparés par la rivière : section de la Champagne, section de la Vègre.

Le 22 avril 1792 Le Cornué notaire fait une déclaration concernant le défrichement du tertre des Bourrelleries. Le 24 juin la municipalité proteste contre l’enlèvement du Roy.

L’année 1792 est marquée par l’enrôlement des volontaires. Les officiers municipaux, et ceux de la garde nationale, s’unissent pour susciter quelques enrôlements. Le 24 août on fête les volontaires allant de Loué et Epineu à Sillé. On dépense chez Porcher, marchand et hôte, 146 livres 4 sols.

La contribution foncière de la commune s’élève à cette époque à 970 livres 19 sols 6 deniers.

Le 17 septembre, réquisition de chevaux, charrettes, harnachements et armes. A bordigné, Peuvret, homme d’affaires, présente 3 chevaux, dont deux sont pris avec quelques objets de harnachement, et deux pistolets d’arçon. Au prieuré, Teillay donne un pistolet d’arçon.

Le 24 mars 1793, une commission composée du maire et de plusieurs membres de la municipalité, procède au désarmement des personnes suspectes, et se fait remettre, par le personnel de Bordigné, 3 fusils et une hache.

Le 15 avril, la municipalité envisage de contraindre les acquéreurs des biens nationaux à verser la somme nécessaire, pour envoyer aux armées 9 hommes demandés à la commune.

Le 6 Nivose an III (27 décembre 1794), les officiers municipaux demandent avec instance, aux administrateurs du Directoire de Sillé-la-Montagne, 50 hommes de troupes pour faire des patrouilles, René Jardin, à la Bruandière, ayant été dévalisé la nuit par les brigands.

Le diocèse, était alors divisé en 20 missions, Bernay fait partie de la 15e, celle de Sillé.

L’église de Bernay, vendue comme bien national, avait été achetée par M. de Bordigné ainsi que celle de Neuvy, mais il n’y avait plus de curé à Bernay. Le curé Launay est alors Doyen de Sillé, et son vicaire Jean Le Mesle, qui lui avait succédé, est lui-même parti.

A cette époque malheureuse, Bernay fût témoin de la déroute d’une partie de l’armée vendéenne, défaite au Mans le 13 décembre 1793, et vit défiler hommes, femmes, enfants dans le dénuement le plus complet. Beaucoup de ces malheureux trouvèrent un asile momentané dans les bois de Bordigné et la Charnie ; des maisons charitables recueillirent femmes et enfants, qui purent y attendre le décret d’amnistie, leur permettant de rentrer dans leurs foyers. Mais que de drames obscurs ! On a dit qu’à leur passage à Bernay quelques Vendéens auraient disparu. La ruelle descendant aux prés, derrière la Grange Piot aurait vu des scènes tragiques. Un prêtre vendéen, sa mère, ses deux sœurs, son domestique furent fusillés dans le cimetière.

Une femme, au cœur généreux, et d’une grande vaillance, à laquelle plusieurs historiens ont rendu hommage, Madame de Bordigné, ne cessa de s’employer, pendant la période la plus aiguë de la tourmente révolutionnaire, au soulagement de toutes les misères. L’abbé Pauloin a écrit d’elle, qu’attentive à tous les genres d’infortunes et ne voulant en laisser aucune sans lui porter secours, ses revenus tout entiers s’en allaient, chaque année, en bonnes œuvres.

Bordigné abrita plusieurs prêtres, notamment l’abbé Pivron, ancien curé de Craon, qui ne craignit pas d’exercer son ministère à Bernay et environs.

Dans son histoire de la Chouannerie l’abbé Pauloin dit ce qui suit : « Chose surprenante ! Dans un pays, devenu si suspect par la présence des nombreux proscrits qui y avaient élu domicile, dans une contrée si souvent et si minutieusement fouillée par les agents du pouvoir, sur un théâtre de tant de combats, que ne cessaient de traverser les troupes républicaines, attirées par la division St. Paul, il se passait des scènes religieuses qu’on eût en vain cherchées sur tout autre point de la France. Non seulement les saints mystères étaient célébrés, chaque semaine devant une nombreuse assistance, mais encore les grands bois de Bernay retentissaient, de temps à autre, des chants solennels d’une multitude chrétienne, agenouillée autour d’un autel improvisé ».

L’abbé Pivron fut néanmoins dénoncé, arrêté, conduit à Chassillé, puis de là, d’une seule traite, à Sillé. Madame de Bordigné l’accompagna à pied, pendant ce trajet, par les mauvais chemins, pour le défendre. Elle faillit mourir d’épuisement en arrivant à Tennie ; on lui avait refusé d’entrer à Bordigné, au passage, pour prendre un peu de pain. Elle eut la consolation de sauver son protégé, avec l’aide de l’ancien curé de Bernay, André Launay, alors doyen de Sillé.

L’abbé Pivron mourut vicaire général à Vannes.

Le 10 Thermidor an VIII (30 juillet 1801), le maire de Bernay dresse un « aperçu des pertes que les brigands ont fait en la commune de Bernay ». De ce document il résulte que, chez 28 habitants, les armes fusils et pistolets, des objets divers et quelque argent ont été pris. Les plaignants sont : Moreau, Gagnon, Leturmy, Gravier, René Tricot, maréchal, Dézalay, Cointreau, René Morin, la veuve Bignon, Julien Martin, Jean Leturmy, Michel Coutelle, Jean Champion, René Levillain, Julien Gasseau, Claude Cointereau, René Jardin, Ambroise Marreau, François Charlot, René Guet, Joseph Lelasseux, François Poirier, René Cornu, Jacques Porcher, Julien Lepert, Mathurin Teillay, René Gaugain.

Le 17 Pluviose an XI (7 février 1803), la municipalité propose à M. de Bordigné de lui racheter l’église, pour 660 livres. Cette proposition n’eut pas de suite.

Le 24 Messidor (14 juillet), la municipalité demande un curé et le rétablissement de Bernay en succursale. On appelait alors ainsi une paroisse possédant son desservant particulier. Or il n’y avait plus de curé à Bernay depuis le départ de l’abbé Lemesle, et Bernay était desservi par un prêtre de Neuvy, qui était succursale.

La municipalité propose même de réunir à Bernay, qui est bien situé pour cela, des communes voisines, disant que si elle ne possède pas d’église, elle en dispose néanmoins grâce à la libéralité de M. de Bordigné, et elle s’engage à assurer le logement d’un Curé.

En cette année 1803, Bernay fut témoin de grandes fêtes à l’occasion du mariage de M. Pierre-Alexandre de Bordigné avec Mademoiselle Emilie de Vanssay.

Le régime a changé, les idées aussi.

Le 15 août 1806, fête de Napoléon, messe solennelle, Te Deum, revue de la garde nationale, jeux divers.

Le 7 décembre, on fête l’anniversaire du couronnement de Bonaparte et de la bataille d’Austerlitz.

Le 30 juillet, la municipalité eut à protester contre un projet de réunion civile de Bernay à la commune de Neuvy. Trois ans après encore, le 2 août 1809, il lui faut se défendre contre le même projet, et elle demande toujours avec instance un curé.(extrait)

Le 9 juin 1811, grande fête et réjouissance pour la naissance du roi de Rome. Aguilé, percepteur, fait chanter des couplets enthousiastes, de sa composition.

En 1814, la France est envahie, les troupes Prussiennes ont poussé jusqu’ici, et ont établi leurs avant-postes à Bernay sur l’antique chemin du Bas-Maine.

Une compagnie de l’armée du général Blücher cantonnera de 1815 à 1818, sur le tertre des Bourrelleries, où est dressé un important bûcher, prêt à allumer en cas d’alarme, pour alerter d’autres postes d’observation, notamment celui de Chauffour. Un jour, dit-on, le feu prit accidentellement à ce bûcher, d’où grand émoi chez les Prussiens, qui réquisitionnèrent les habitants pour éteindre ce signal intempestif.

En janvier 1821, nouvelle et instante réclamation de la municipalité pour obtenir un curé desservant son église, redevenue propriété communale, par la donation que lui en a faite le baron de Bordigné, sous la condition expresse qu’elle serve à l’exercice du culte.

Le 7 octobre 1822, délibération demandant que Bernay soit rattaché au bureau du Mans, pour le service de la poste.

Le 13 mars 1828, une ordonnance royale rétablissait la paroisse de Bernay en succursale. Un curé, Monsieur M. Duhay s’installait, mais repartait dès le 1er octobre suivant, faute d’un logement convenable.

La construction d’un presbytère s’impose.

Le 1er mars 1829, vote de 4 000 francs pour cette construction, sur terrain acquis de Félix Desgrouas pour 800 francs. Devis de construction 8 500 fr., don de M. de Bordigné 2 000 fr.

Le 31 mai 1830, pose de la première pierre. M. et Mme de Bordigné, étant à Paris, sont représentés par M. le curé Besnier. Portier à la tête de 40 hommes sous les armes, maire et conseil présents, décharges de coup de fusil, plantation d’un mai, distribution de 160 livres de pain aux pauvres, tournée pour la troupe à l’auberge de Bourneuf, danse, et vote de remerciements à M. le baron de Bordigné.

Peu de temps après, M. de Bordigné et son fils, qui, à la tête d’une petite armée de partisans, avaient pris les armes pour Charles X contre Louis Philippe, furent obligés de fuir la France, proscrits, pour ne rentrer qu’en 1838.

Le 15 février 1832, le conseil municipal adresse ses remerciements à M. le marquis de Tourzel, qui a donné de la pierre, pour encaisser une partie impraticable du chemin de St-Symphorien, et du bois en Charnie, pour la construction de l’école élevée par souscription publique. Il s’agit de l’école de garçons, à construire au carrefour des Croix, sur un devis de 2 550 fr.

Les conseillers expriment également leur reconnaissance, à Mme la marquise de Tourzel, d’avoir obtenu du ministre et de Mgr l’Evêque, le rétablissement de la paroisse de Bernay.

En 1832, la population de Bernay était de 618 habitants, dont deux cent soixante dix dans le bourg, comprenant cinquante cinq feux. Elle était alors desservie par le bureau de poste de Sillé-le-Guillaume.

Le 13 août 1837, sur l’invitation de la préfecture, le conseil désigne : « vingt individus aptes à remplir les fonctions de sapeurs pompiers ». Ces pompiers sans pompe, qui n’eurent pas de successeurs, comprenaient six maçons : Poirier, Alexis Delouche, Davoust, Guilleret, Beaufils, Joseph Pancher ; six couvreurs : François et René Bourneuf, Cerbelle, Pierre Cornu, Pierre Beauri, Coutard ; trois scieurs de long : Hubert Ferré, Leblanc, Jean Délétang ; un charron : Pautonnier ; un maréchal : Briffault ; un tailleur de pierre : Laloue ; un menuisier : Michel Charles ; un entrepreneur : Gilbert.

Le 12 mai 1841, Mgr Bouvier, évêque du Mans, donne la confirmation à Bernay. C’était la première visite d’un évêque à Bernay. La population lui fit une réception très solennelle, et un repas fut offert à Bordigné à l’évêque et au clergé.

En 1842, construction du chemin de grande communication N° 16, du Mans à Ste-Suzanne. L’ancien chemin, pour aller de Bernay à St-Symphorien, était difficile et compliqué. Il suivait à peu près le tracé de la route actuelle, jusqu’à l’angle aigu, qui a été coupé, que faisait alors le parc de Sourches en face de Gouin, puis tournait brusquement à droite, longeant les murs du parc pendant près de 700 mètres, pour revenir à gauche, par un chemin passant derrière Vaujours et aboutissant à l’entrée du bourg aux Trois Croix.

Le 7 juillet 1845, le canon tonne à Bernay, mais c’est le canon des fêtes. Une salve de 21 coups annonce l’arrivée, qui aura lieu le lendemain, de M. Pierre-Armand de Bordigné et de sa jeune épouse Stéphanie de Fay, mariés à Danizy (Aisne) le 19 juin précédent.

Le 8 juillet au matin, nouvelle salve de 21 coups, arrivée des jeunes mariés et de leur cortège de parents et amis, au son d’une dernière décharge d’artillerie, dans Bernay pavoisé ; réception à la descente des voitures, par M. Le Cornué, au milieu d’une foule évaluée à 5 000 personnes venues de toutes parts, et aux accents de la fanfare de Fresnay, grand banquet de près de 400 couverts, festin pour les pauvres, jeux, feu d’artifice.

Le chemin de grande communication N° 9, de Conlie à Loué, date de 1844. Le chemin vicinal N° 3, de Bernay à Ruillé, est de 1845.

La fondation du bureau de bienfaisance remonte à l’année 1846. Cette même année, la municipalité demandait la distribution journalière de la poste chez l’habitant.

En 1847, année de cherté extraordinaire des grains, commencement d’émeutes ; des hommes armés se réunissent dans la Charnie, mais des secours viennent et tout s’apaise.

Le baron de Bordigné avait, par testament, légué douze cents francs aux bureaux de charité de Bernay et Neuvy, six apprentissages de métiers pour garçons et filles à Bernay et à Neuvy, deux lits à l’hôpital du Mans, un pour Bernay, un pour Neuvy. Le conseil délibéra, à plusieurs reprises, pour l’acceptation de ce testament. Finalement, le 15 mai 1855, il accepta les deux premiers legs, mais refusa le lit à l’hôpital, sous prétexte qu’aucun pauvre ne voulait y aller.

L’ouverture du chemin vicinal N° 6, de Bernay à Tennie, remonte à 1853.

Le 4 août 1861, le conseil décide l’agrandissement du presbytère ; les travaux s’élevèrent à 2 350 francs.

Le 3 avril 1864, décision d’acquérir la maison de Robeveille, instituteur, pour agrandir l’école. Les frais d’acquisition, et de travaux d’appropriation, s’élevèrent à 7 700 francs environ.

La construction du chemin vicinal N° 6, de Bernay à Parennes, était décidée dès le 11 février 1870, mais la guerre y apporta quelque retard.

Après la bataille du Mans, 12 janvier 1871, Bernay vit passer une partie de l’armée française en retraite, fantassins et cavaliers mêlés, sur les routes rendues presque impraticables par une épaisse couche de neige.

Une résistance d’arrière-garde fut organisée, pour arrêter les ennemis, sur la levée, en travers de laquelle des peupliers avaient été abattus. Un hulan, faisant partie d’une reconnaissance, fut tué d’une balle près du pont.

A la signature de l’armistice, survenue peu après, le dernier poste de l’armée prussienne, sur la route de Ste-Suzanne, fut, comme en 1815, établi à Bernay ; la sentinelle avancée était en faction au bout du chemin du Coudray. Un nombreux état-major occupait Bordigné.

En mai 1871, les Prussiens ont évacué Bernay. Le 28 de ce mois, le conseil municipal fait ses comptes. L’occupation ennemie a coûté, à la commune, 3 656 francs.

Le 16 novembre 1873, est décidée la construction du chemin vicinal N° 4, vers Amné.

Le 11 novembre 1875, le conseil vote l’abat des peupliers, existant alors sur les bas-côtés de la levée, et dont plusieurs étaient arrachés par un ouragan survenu la veille. Le produit de la vente de ces peupliers devait être employé aux réparations nécessaires du clocher, par M. Vérité, architecte.

Le 8 mai 1876, n’ayant pas eu la visite de l’architecte, le conseil pense à s’adresser à d’autres. Il vote la construction d’un lavoir communal.

Et le 8 mai 1881, est adoptée la construction d’une école de Filles. Le 25 octobre, un emprunt de 9 000 francs est voté ; le ministère donne 10 000 francs, l’achat des immeubles déjà existants, et travaux prévus, s’élèvent à 19 788 francs.

Pendant près d’une année, au cours de 1883 et 1884, une grande compétition est ouverte entre Bernay et St-Symphorien, pour la possession d’un bureau de poste à créer. De nombreuses réunions du conseil ont lieu à ce sujet, dans lesquelles les décisions manquent de fermeté, ou même se déjugent. St-Symphorien va peut-être l’emporter, lorsque la question est étudiée par le sénateur Cordelet, ami personnel de mon père, qui peut faire valoir la cause de Bernay. D’autre part, M. le comte de Ruillé, offre, à l’administration des postes, un local gratuit pour 18 années. Le bureau reste à Bernay et est ouvert le 1er octobre 1884. Le télégraphe y sera installé le 25 septembre 1892, et le téléphone, en 1903.

Ce fut en 1877 que, pour la première fois, un médecin vient s’installer à Bernay. M. le Docteur, comte de Trolong du Rumain, y exerça pendant 45 ans. Le poste, resté vacant à sa mort (23 janvier 1922), ne sera repris qu’en 1926, par le Docteur Yves-Henri Leroy dont le cabinet se trouvait place des halles.

5 février 1885, création de la succursale de la Caisse d’Épargne à Bernay.

Le 15 juin 1890 le conseil Municipal reporte l’assemblée, ou fête patronale, du 16 juillet au dimanche après le 29 juin. Une autre assemblée a lieu le troisième dimanche d’octobre.

Le 10 décembre 1907, la commune de Bernay achète pour y établir Mairie et École de garçons, les immeubles actuels, rentrant ainsi en possession du vieux collège de 1552. Ces immeubles, acquis comme bien national en 1792 par M. Le Cornué, étaient devenus en 1820 la propriété de M. Morin, à la Cône. Mme Rondeau, petite-fille de ce dernier, les céda en 1907, à la commune, pour un prix gracieusement réduit en faveur de Bernay, à la modique somme de 4 000 francs.

Un emprunt de 13 500 francs fut souscrit pour couvrir les frais d’achat et de construction d’une classe.

Les anciennes École et Mairie, furent vendues le 8 septembre 1912 pour 3 520 francs.

Le 29 février 1928, la commune de Bernay adhère au Syndicat intercommunal de la Champagne du Maine pour l’électrification. Un emprunt de 105 800 francs est contracté, les travaux exécutés au cours de l’hiver suivant.

Le 16 mars 1929, à 23 heures, le courant électrique est donné ; les 13 lampes municipales éclaires les rues, les cadrans lumineux du clocher donnent l’heure dans la nuit.

Ce rapide aperçu historique sur Bernay s’achève sur un souvenir comme peu de communes en France pourraient en évoquer.

Le mercredi 19 novembre 1930, à 15 heures, un vrombissement puissant et proche se faisait entendre, et dans le ciel de Bernay apparaissait, à faible altitude, au-dessus même du bourg, un bel oiseau rouge, qui n’était autre que le ?, don du grand industriel François Coty, volant d’Angers à Rouen, piloté par les glorieux aviateurs Costes et Bellonte, qui, les premiers, sur cet historique avion, réussirent la traversée de l’Atlantique, d’Europe en Amérique.

E- EPOQUE DE L’OCCUPATION ET APRÈS GUERRE:

 

II- EVOLUTION DEMOGRAPHIQUE DEPUIS 1793

(Sources : Cassini jusqu’en 1999, puis Insee à partir de 2004.)

Évolution de la population de 1793 à 2011
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
555 521 570 592 644 720 674 720 749

 

 

 

1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
744 721 742 760 737 709 656 626 606

 

           
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
622 653 611 598 551 567 570 588 506
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011
518 458 432 391 393 384 449 479

III- SEIGNEURS DE BERNAY ET DE BORDIGNE

Au début de IXe siècle la seigneurie de Bernay appartenait à l’évêque Francon 1er (794-816). Il l’avait acquise pour l’église du Mans. Des ennemis puissants lui disputaient ses possessions, il dut soutenir des procès pour les conserver ; grâce aux titres qu’il possédait, et aux témoignages de plusieurs hommes nobles du pays, il eut gain de cause, conserva la belle terre de Bernay, dont il augmenta les revenus, et la transmit à son neveu et successeur Francon II.

Voici ce que nous savons des personnages qui portèrent les titres de seigneurs de Bernay et de Seigneurs de Bordigné.

Des Guérin, Elinand, Guillaume, seigneurs de Bernay au XIIe et XIIIe siècles, nous savons peu de chose. On voit Guérin présent à la fondation du Prieuré de Vernie. Guillaume est cité dans le cartulaire de l’Église du Mans.

En 1256 Ada, dame de Bernay, fait un don de dîme, sur un territoire lui appartenant à Baugé, au chapitre de la cathédrale du Mans.

Entre 1372 et 1379 un Jean X de Bordigné est abbé de St-Vincent du Mans, sous le nom de Jean V.

Un autre Jean de Bordigné, époux de Guillemnine des Chères, meurt en 1445.

De 1490 à 1503 le fief de Bordigné est entre les mains de Roland, fils du précédent. C’est de cette famille qu’est issu le chanoine de l’église d’Angers, Jean de Bordigné, docteur en droits civil et canon, régent de la faculté de droit civil sous le nom de Jean de Bernay, auteur de l’histoire d’Anjou et du Maine, publiée en 1529, histoire que Louis XI demandait, dès 1478, aux gens de la chambre d’Angers. Un autre de Bordigné, né en 1531 à Angers, est également connu comme poète.

Le 29 août 1545, Françoise de Bordigné, âgée de 14 ans, était autorisée dans un acté rédigé par Mathurin Bernard, notaire juré de la court de Ste-Suzanne, à accepter le don, à elle fait, d’une maison nommée le Chasteignier, sise en la rue des Quatre-Œufs, à Angers, paroisse de la Trinité, par une demoiselle Marguerite Lefaucheux. L’acte se termine ainsi : « Fait au dit lieu de Bordigné, présent le dit escuyer Gabriel de Bordigné, père de la dite Françoise, messire Jehan de Bordigné, chanoine de l’église d’Angers, et messire Roland Le Roux, prestre demeurant en la paroisse de Bernay ».

En ces mêmes temps existait une famille de seigneurs de Bernay. Robert fait en Août 1471 et février 1476 des déclarations à sourches pour : « maison et hébergement à Bernay, joignant au prieuré et au chemin du Mans ». Même déclaration faite le 13 janvier 1482 par François de Bernay, dont la veuve Jeanne de Grez, dame de Bonne Fontaine en Anjou, en fit la vente à René du Bouchet, le 19 février 1503.

Le 26 février 1590 noble Pierre de Bordigné, veuf, épouse Mlle Marie Le Bourdais en l’église de Bernay, en présence de ses enfants : Pierre, Sébastienne et Françoise, et de Jacques Lemeunier marchand à Bernay. Le 3 septembre 1594, Honorat de Bordigné est témoin, avec autres, dont Jacques Lemeunier, dans la prise de possession, par le seigneur de Sourches, de la butte Chamaillard, près son château de Sourches le Vayer.

Jacques Lemeunier, fils du précédent, épouse en 1609, Françoise de Bordigné. Sébastienne épouse Antoine de Hernault, escuyer.

1er avril 1611, mort de Pierre de Bordigné, inhumé en l’église de Bernay.

Le 21 janvier 1613, Madame de Hernault vend les deux tiers faisant sa part dans la terre de Bordigné, dont : « maison seigneuriale, terre, prés, bois, carrière de pierre de taille, droit de pêche et droit de fuye », à Isaac Thabaudin, seigneur de la Chevalerie.

L’origine de la famille Thébaudin (Thébaldinus) serait italienne. Deux frères Thébaudin et Poubaudin auraient levé en Allemagne un corps de cavalerie, et se seraient mis au service du roi Charles VII contre les anglais

Char de Bernay au comice de Conlie Écusson communale fait de roses en papier

Un chevalier Thébaude combattait aux côtés de Dunois au siège d’Orléans, faisant partie de L’ost du seigneur d’Alençon. On trouve des Thébaudin à Baladé, à Torcé-en-Charnie, puis à Valaubin, à Ruillé. Isaac Thébaudin, devenu seigneur de Bordigné, épousa Marguerite Auger, dame de la Rozelle. Leurs héritiers et successeurs sont : 1645, Dominique, avocat au parlement de Paris, administrateur des hospices du Mans, époux de Renée de Vaigreville ; 1720, Pierre Dominique, conseiller et procureur du roi au siège de la sénéchaussée du Maine, époux de Françoise Roblot ; 1741, Pierre Dominique, son fils et successeur dans ces charges, époux de Louise-Françoise Poisson ; 1749, Pierre-Denis Dominique, conseiller du roi en sa cour des monnayes, époux de Marie-Julie Duchesne, qui eut une si héroïque attitude pendant la révolution.

« II y a, dit Le Paige, dans la paroisse de Bernai, le fief de la Roche-Tabary réuni à la terre de Bordigné ; cette terre est considérable, la maison est bien bâtie et les dehors en sont fort agréables, la famille de Bordigné a occupé des places distinguées tant au Présidial du Mans que dans les cours supérieures à Paris ».

En 1816, Pierre-Alexandre Marie, baron de Bordigné, époux de Émilie de Vanssay, succède à son père. L’historien Pesche classe le baron de bordigné au rang des hommes remarquables de la province du Maine.

Ce fut dit-il : « un homme d’esprit, ami des sciences et des lettres ; doué d’un caractère aimable et facile ».

Son fils, Pierre Armand, épousa mademoiselle Louise Stéphanie de Fay. De cette union naquit mademoiselle Marie Marguerite Louise, qui épousa le 1er juin 1865, M. Henri-Geoffroy de la Planche, comte de Ruillé. Leur fils M. Alfred Henri guillaume, propriétaire actuel de la terre de Bordigné, est né au château de Gallerande, le 7 août 1866.

IV- ECOLES

La plus ancienne école connue à Bernay, est le collège fondé en 1552 par le curé Matignon, qui en attribua la présentation au curé, aux religieux de la Couture et au procureur de la Fabrique. En fait, l’usage s’établit d’en confier la direction aux vicaires. Une délibération du conseil municipal du 17 juin 1791 dit : « Le collège de Bernay, dont la fondation est du 30 octobre 1552, a toujours été présenté aux vicaires de cette paroisse, aux charges par eux d’enseigner à lire aux enfants de ladite paroisse, comme le porte ledit acte de fondation ».

Il est dit encore ailleurs : « que c’est un petit collège de garçons dont le vicaire est le maître, que cet établissement est fondé pour l’instruction des pauvres habitants, que le vicaire est tenu de faire l’école aux enfants, le matin et le soir, et de leur apprendre à lire et à écrire ».

Voici les noms connus des vicaires de Bernay, qui purent être titulaires du collège, car il semble qu’il y eut par moments, deux vicaires ensemble à Bernay. Nous trouvons en 1579 Julien Launay, qui pouvait y être depuis longtemps déjà ; en 1583, Pierre Delouche ; en 1588, Thyron, inhumé en 1605 par Jacques Tuart, curé ; 1594, Sébastien Dutertre, inhumé le 25 janvier 1616, dans l’église, près la grand’porte ; 1603, Morin ; 1621 François Lochu ; 1622, Pierre Logit ; 1629, Jean Cherouvrier, qui s’intitule chapelain en l’église de Bernay. Parmi les noms énumérés ci-dessus figurent peut-être des curés, mais rien ne nous permet de les désigner comme tels. Viennent ensuite : en 1640, Louis Henri Lallier ; 1646, René Aubert ; 1676, Plessis ; 1678, Manson ; 1679, Jartin ; 1683, Fron ; 1689, Pichon ; 1701, Joseph Hamelin ; 1702, Joseph Pillot, mort à 75 ans, inhumé le 23 juin 1746 près la grand’croix du grand cimetière ; 1703, Le Roy ; 1707, L. Viais ; 1708, Jean Pinard ; 1713, Cailleau ; 1720, Guérinet ; 1730, Godefroy, mort à 40 ans, inhumé dans l’église le 4 octobre 1746 ; 1747, Robin ; 1753, Pichon ; 1756, Agin ; 1758, G. Lemercier ; 1762, J. Leclerx ; 1769, Paquier ; 1772, Frillon ; 1776, André Launay ; 1777 Jacques Michel Lemaire. Ce dernier, ayant refusé d’obtempérer au décret du 26 décembre 1790 et de prêter le serment civique, fût destitué par délibération du 17 juin 1791, et remplacé par Michel-Jean-Richard. Entre 1781 et 1787 figure aussi comme vicaire à Bernay Pierre Trillon, devenu ensuite curé de Ruillé. Le 26 juin 1793 la municipalité désigne le curé Lemesle pour enseigner dans le collège, alors vacant, avec jouissance dudit collège et terres en dépendant, pour sa rémunération. C’est le dernier maître du vieux collège de Bernay, que la révolution a fermé.

Le 17 Germinal an IX (8 avril 1801), enquête du chef de brigade, préfet du département, sur les établissements et le personnel d’instruction publique à Bernay.

Le 4 Nivose an X (26 décembre 1801), la citoyenne Brosse, institutrice primaire de la commune de Bernay, est requise de se présenter, le 15 du courant, devant le jury primaire d’instruction publique séant à la Couture, afin d’y subir un nouvel examen.

Le 16 juin 1806, Lefeuvre, maire certifie que Claude et Jeanne Cointereau, née Françoise Levillain, ont école de 18 garçons et 20 filles dans leur maison, touchent un franc par mois et par élève externe, que ces deux maîtres possèdent toutes qualités requises. L’instruction consiste en lecture, écriture, calcul ; la commune n’a aucun frais.

En mai 1817, c’est un sieur Charles Divré qui s’installe comme instituteur, admis par la municipalité, qui a inscrit ses diplômes. Divré, né à Sillé-le-Guillaume le 20 juillet 1757, exerçait depuis 1798 la profession d’instituteur. Un certificat, adressé au recteur de l’académie d’Angers, dit qu’il enseigne parfaitement la lecture, l’écriture et le calcul, même décimal, qu’il est un homme probe et religieux. En arrivant à Bernay il n’est ni logé ni rétribué ; il a 12 à 15 élèves en hiver, très peu en été ; il touche 75 centimes à un franc par élève et par mois ; mais le 22 janvier 1818, le préfet Pasquier invite la municipalité à voter une subvention à Divré, pour instruire les élèves indigents. On lui vote, le 1er février 1818, une subvention annuelle de 40 francs, pour instruire 4 enfants pauvres, désignés par le Maire.

Charles Divré mourut instituteur et sacriste à Bernay.

Son successeur fut Louis Buon, muni d’un certificat de capacité au 3e degré. La municipalité lui vote, le 15 mai 1823, une indemnité de 50 francs, pour instruire 4 enfants pauvres.

En 1828, Louis Buon avait 20 élèves en hiver, six en été, payant 75 centimes par élève et par mois, il touchait 40 fr. d’indemnité de logement, il enseignait garçons et filles aux mêmes heures, dans la même classe.

Entre temps un nommé Deschamps et un nommé Hervé avaient tenté de s’installer comme instituteurs à Bernay. Une lettre de l’Évêché, du 13 janvier 1825, invite le maire à leur interdire l’instruction.

On a aussi conservé le souvenir d’une demoiselle Hélène Angoulvent, infirme, qui instruisait son neveu et quelques autres enfants, dans la maison de l’école actuelle des garçons, où elle habitait. Elle était née le 1er février 1805, dans la maison actuellement à Mlle Anna Hulot, propriété de ses parents.

Le 29 mai 1834, Joseph Rob1veille, né en 1802 à Niort (Mayenne) arriva comme instituteur à Bernay ; le 4 mars 1838, il acheta un terrain, au carrefour des Croix, où il construisit une maison dans laquelle il fit l’école, jusqu’à l’acquisition qui en fut faite par la commune le 16 juillet 1865, acquisition suivie de la construction des bâtiments actuels, qui furent : classe et mairie.

Joseph Robveille décéda à Bernay le 29 janvier 1881.

Ses successeurs sont : René Mézerette, en janvier 1874 ; Louis Guibert, en février 1875 ; Arsène Garreau, en octobre 1909.

C’est à l’année 1847 que remonte la première école de filles à Bernay.

Avant cela existait déjà à Neuvy une florissante école, tenue par les religieuses de l’Ordre de la Providence d’Alençon, où l’on allait de Bernay.

Le 7 novembre 1847 la municipalité, « considérant que depuis longtemps le besoin d’une institutrice se faisait sentir », s’entend avec une demoiselle Doucet, et l’installe dans la maison accolée en retour d’équerre, derrière la poste actuelle. La commune louait cette maison 80 fr. à Lelasseux et Buon.

Le 6 mars 1850, ce sont deux religieuses de la Providence : Sœur Anne Louveau et Sœur Césarine Patry, qui ouvrent l’école communale, dans la maison appartenant à la famille Jupin, qu’achètera plus tard la commune, puis viennent : les Sœurs Nathalie Taburet et Mathilde Aubry, Philomène Vannier et Marie Augustin Sellier.

A la mort de Sœur Philomène Vannier, décédée le 13 avril 1896, l’école est laïcisée : les titulaires en sont successivement Mesdemoiselles Emérence Passe, Léonie Germond (5 septembre 1901), Mme Brochard (20 avril 1905).

Une école libre fondée par Madame la comtesse de Ruillé, est installée dans les bâtiments aménagés pour cet usage, au lieu dit du Rocher, dans le bourg, acquis par Jean Allain. Cette école est ouverte par Sœur Marie Augustin Sellier et Sœur Marie Juliette Denis, auxquelles succèdent en 1902, Mlle Aubry ; en 1906, Mlle Lemaître ; en 1920, Mlle Leblanc.1945,Melle Bouvet; Mme sagot puis Mlle Dubois.

fin de l’ école libre

V- CURES DE BERNAY

Ils ne nous sont pas connus avant l’abbé Matignon, fondateur du collège, qui exerçait encore son ministère en 1582. Il semble que ses successeurs soient Pierre Gomer, inhumé dans l’Église le 1er juin 1600 ; Jacques Tuart, en 1610, Julien Chanteloup, inhumé dans l’église, devant l’autel Notre-dame, le dimanche 6 février 1620 ; François Duboys ; en 1632, Troussin ; 1676, Guillaume Broussin, vicaire du précédent depuis 1671, mort à 60 ans, inhumé dans l’église le 11 octobre 1700 ; G. Leprince ; 1701, Pierre-François Vasselin, inhumé dans l’église le 23 septembre 1749 ; Gaugain, mort à 57 ans, dont la sépulture près la grand’porte de l’église fut faite le 31 mai 1777 par Darmoy, curé de St Symphorien, en présence des curés de Conlie, Ruillé, Neuvy, ST-JULIEN, Amné, Tennie, des vicaires de Ruillé et Amné, des chapelains de Sourches et des Bordeaux, enfin de son successeur et ancien vicaire, André Launay et du

nouveau vicaire, Lemaire.

Le curé Launay, qui avait dès le début prêté serment à la constitution, quitta Bernay le 15 août 1792 pour le doyenné de Sillé. Le 23 octobre 1812, il rétracta son serment à Conlie, où il vivait retiré.

Son vicaire et successeur Jean Le Mesle, également assermenté, ne resta que peu de temps à Bernay.

Suivent les noms des prêtres de la succursale de Neuvy, chargés de la cure de Bernay : en 1806, Guitton ; en 1816, Bruneau, inhumé dans la chapelle Ste-Anne ; en 1820, Lefort, également inhumé dans la chapelle Ste-Anne ; en 1824, Quinton, Michel-Jean Duhay, qui lui succède en 1826, rentre en 1828 dans la cure de Bernay, rétablie.

1830, André-Louis Besnier ; 1873, Pierre Jupin ; 1874, François-auguste Huard-fontaine ; 1878, Léopold Guillet, dit Montagne ; 1911, Louis Cormier ; 1919, Louis-auguste Aleton ; 1928, François Louis Antoine Gouabeau.1935, Abbé Renaudineau ; 1941 , Abbé Duchemin ;1947 ,Père Marie Léon ; 1949 ,Père Léon ….;1962 , Père Jean Coulange ; 1988 , Abbé Joseph Pommerais

VI- MAIRES ET ADJOINTS-AU-MAIRE
A- Maires
1789-1791     02 ans André Launay
1791-1793     02 ans Pierre-François Le Cornué
1793-1801     08 ans Marin Buon
1801-1806     05 ans Jacques Porcher
1806-1824     18 ans René Lefeuvre
1824-1829     05 ans Hyppolyte-Pierre-François Desgranges
1829-1831     02 ans Arsène-henry Desgranges, fils
1831-1846     15 ans Thomas François Le Cornué
1846-1852     06 ans Napoléon Courveaulle
1852-1884     32 ans Noël Jupin
1884-1923     39 ans Henri Geoffroy de la Planche, comte de Ruillé
1923-1929     06 ans Albert Champion
1929-1941     12 ans Pierre Malherbe
1941-1965     24 ans Léonard Hulot
1965-1989     24 ans Norbert Brasseur
1989-1995     06 ans Christiane Rondo
1995-2014     18 ans Hubert Cherbonnier
2014- …. Vincent Hulot
B- Adjoints

1802, René Jardin ;

1813, Pierre-François Le CORNUE.

1815, Julien LETESSIER.

1830, Thomas-François Le CORNUE.

1831, Pierre GILBERT.

1837, Joachim LEFEUVRE.

1839, René LUCAS.

1846, René MORIN.

1860, Mathieu GALBRUN.

1884, Louis EMERY.

1888, Edmond HIRON.

1892, René ANJUBAULT.

1900, Louis EMERY.

1909, Louis BESCHE.

1923, Alphonse JARDIN.

1929, Léonard HULOT.

1945: Mr Guy CHARLOT et Marcel CHARLOT.

1953: Louis  LOTTIN.

1965: Maurice FERARD.

1977: Maurice FERARD et René HULOT.

1983: Joseph BRUNEAU et Bernadette DUBOIS.

1989: Daniel BESCHUS  et Jean Yves LEGUY.

1995: Daniel BESCHUS , Lucien MARTINEAU et Marcel DUBOIS.

2001: Daniel BESCHUS, Marcel DUBOIS.

2008: Marinella LEPLU, Vincent HULOT et Francis COTEREAU.

2014: Francis COTEREAU et Murielle SERIZAY.

VII- NOTAIRES

L’étude de Bernay a été successivement occupée par : en 1687, René Godefroy ; 1715, Claude Geslin ; 1761, François Le Cornué ; 1802, René Lefeuvre ; 1823, Hyppolite-Pierre-François Desgranges ; 1827, Arsène-Henri Desgranges ; 1852, Pierre Alphonse Malherbe ; 1868, Julien David ; 1875, Edmond Hiron ; 1891, Joseph Oliver ; 1922, Paul-constant Bouhours. 1942,Paul Bouhours 1963 : étude supprimée

VIII- PERCEPTEURS

La perception comprenait cinq communes : Bernay, Neuvy, Ruillé, St Symphorien, Tennie. En 1904, Tennie passa à la perception de Conlie, et celle de Bernay fut supprimée en 1928.

Les titulaires furent : 1807, Aguilé ; 1816, Lefeuvre ; 1832, Minier ; 1853, Pottier ; 1866, Tournel ; 1867, Malivoire ; 1872, Braün ; 1878, Roncin ; 1887, Torché ; 1892, Béhier ; 1895, Gaulupeau ; 1897, Régnault ; 1898, Guépratte ; 1902, Timon ; 1905, Brochard ; 1912, Dupuy ; 1920, Tireau.

IX- RECEVEURS DES POSTES

1884, Mlle Baglin ; 1892, M. Choplin ; 1897, M. Clot ; 1900, M. Daviau ; 1907, Mlle Briel ; 1921, M. Planus ; 1922, M. Compain ; 1925, Mme Fauvel. 1956,Mr Chabert 1973,Mr Garnier  1981 :   Mr Cosnier

L.M

juillet 2001